Le Bénévole

Je suis un bénévole, je donne mon temps
Et je le fais bien sûr toujours gratuitement
Dans les associations culturelles ou sociales,
Dans les milieux sportifs, les sociétés locales,
On trouve des personnes, qui courageusement
Se démènent, se battent, et bénévolement
De multiples services assurent la fonction
Du club le plus petit aux grandes fondations.
Quand on est bénévole, on s’expose beaucoup
Si ça marche très bien, on vous monte le coup
On vous fait par devant, un trop plein de mérites,
Et puis, sur le côté la jalousie irrite
Alors dans votre dos, on dit évidemment
Que vous faites cela pour glaner quelque argent,
Que vous avez pour sûr, des intérêts notoires.
Car avec les ennuis et les nombreux déboires,
Qu’on récolte en œuvrant pour une association,
De la faire pour rien semble une aberration.
C’est ainsi que l’on use irrémédiablement
L’enthousiasme d’adeptes qui très honnêtement
S’occupent, se démènent avec beaucoup de foi
Et qui se font piéger ainsi plus d’une fois.
On s’aperçoit trop tard, de tout ce qu’il apporte
Et les bons pèlerins qui les ont disgraciés,
Lorsqu’on les sollicite pour prendre le relais,
Lèvent les bras au ciel en criant : « Pas question »
Et c’est ainsi que meurent un tas d’associations.
L’Esprit n‘est plus très bon, c’est triste assurément
On sait qu’à notre époque, où règne l’argent,
Les services gratuits de gens de bon aloi,
Paraissent dépassés, non conforme à la loi.
Je suis un bénévole, je suis donneur de temps,
Cette race c’est sûr, elle ne vivra pas longtemps.

Texte anonyme publié dans la revue de l’Éducation Nationale.

Ils vous saluent tous bien…

Plus de vingt-cinq ans dans le même foyer.
Plus encore d’années d’un saint vieux métier.
C’est Lui, c’est Elle, et vous sacrée clientèle.
Pluie, sel, blé, et levain qui s’emmêlent.
Qui en vain se mêlent pour ne faire qu’un.
Le Quotidien, le Spirituel… le Pain.

Des jours et des nuits d’un insoupçonnable labeur.
L’amour est le fruit d’un insaisissable bonheur.
Devine le mouvement que dessinent ses mains.
Est-il vraiment artisan, poète ou musicien ?
Fêtes, vos quotidiens, il les a rythmés.
Ni prophète, ni magicien, c’est le boulanger.

C’était son dernier coup de baguette.
Le rideau est tombé.

(L’auteur de ces lignes conserve l’anonymat.)

Source : REFLETS – Bulletin communal de Guichen Pont-Réan – Mai 1991

De père en fils…

 Celui qui regarde la forge derrière la porte entr’ouverte ne voit jamais autant de choses que celui qui la regarde de l’intérieur. Il n’est pas de forge plus ancienne, plus surannée que celle de Guichen. Il n’existe pas d’objets aussi beaux, aussi extraordinaires que des outils vieillis par le temps, dans cette forge mystérieuse et sombre. Deux fenêtres, la porte d’entrée, et deux petits foyers éclairent ce trou noir. Dans cet endroit huileux, tantôt obscur, tantôt éclairé par la flamme de l’allégresse, vit un forgeron, rêve un forgeron. Continuer la lecture →